Regardez bien comme cela remue, comme cela fléchit, écoutez comme cela grince, comme cela grogne, comme cela geint, entendez bien, regardez bien comme ça remue, pas beaucoup, un tout petit peu, ça bouge à peine et ça s'arrête, et ça rebouge. Eugène Ionesco, 1966 |
Il me semble inutile de révéler les données techniques du mécanisme qui engendre les mouvements. On a trop tendance aujourd'hui, dans cette forme d'art, à s'affubler du compas de l'ingénieur et de la règle à calculer. Le mouvement est pour moi un moyen, comme l'a été pour les peintres la couleur, la ligne. On ne demande pas au peintre une analyse chimique des moyens qu'il emploie. Pour celui qui regarde, il faut que la perception du mouvement soit la première évidence et que les moyens employés pour cette animation se fassent surtout oublier. Pol Bury, 1973 |
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Le cube caressé prend de la rondeur Pol Bury, 1967 |
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Le petit commencement Il existe, maintenant, un matériel immense que des siècles d'imagerie ont accumulé; nous avons à notre disposition des machines qui nous permettent de capter la moindre image fugitive. Une caméra vaut bien une brosse. La science, chaque jour, découvre; le lazer permet déjà le réel impalpable. Nous pouvons commencer à délirer. L'aimant, le moteur, le néon ne sont qu'un petit commencement. Pol Bury, 1965 |
Il peut être satisfaisant d'intervenir dans la respectable ordonnance de la géométrie, des décors, des visages et s'imaginer ainsi qu'on peut chatouiller la Pesanteur. Pol Bury |
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Car la dualité de son œuvre Bury l'exprime aussi par écrit: sécheresse d'un côté, tendresse et sens du mystère de l'autre. Cette dualité insolite explique l'étrangeté de l'effet produit. Quand on voit un Bury en action, on ne sait jamais très exactement si on peut se fier à sa vue, si on n'est pas entré dans un univers où les lois ordinaires de la physique sont en train de doucement dérailler. Pierre Descargues,1963 |
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| Le coup de génie de Pol Bury est d'avoir pensé à faire des sculptures qui bougent un tout petit peu. Cela n'a l'air de rien quand on le lit: mais quand on y est, c'est aussi terrifiant qu'un conte d'Edgar Poe. Jean-François Revel, 1964 |
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